En bref :
- Six logiciels de bilan carbone structurent l’offre pour une entreprise industrielle en France : Greenly, Sweep, Plan A, Sami, WeCount et Tennaxia.
- Ils couvrent, à des degrés divers, le bilan carbone (scopes 1, 2 et 3), le reporting CSRD et ESG, et l’accompagnement à la stratégie de décarbonation.
- La tarification reste très majoritairement sur devis, établie selon la taille de l’entreprise et le périmètre d’émissions couvert.
- Le choix dépend du profil de l’entreprise : couverture réglementaire internationale, accompagnement humain à la française, ou intégration à une suite HSE existante.
Tableau comparatif des logiciels de bilan carbone
| Critère | Greenly | Sweep | Plan A | Sami | WeCount | Tennaxia |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Couverture | Bilan carbone, ACV produit, CSRD, TCFD, SBTi, CBAM, EUDR, PPWR | Carbone, émissions fournisseurs, reporting multi-cadres | Comptabilité carbone, reporting, trajectoire net zéro | Bilan carbone, ACV, éco-conception, CSRD, VSME | Bilan carbone, stratégie climat, CSRD, VSME, adaptation climatique | Carbone, ESG, HSE, double matérialité CSRD |
| Présence | Plus de 4 000 clients dans plus de 30 pays | Internationale (Europe, Amérique du Nord) | Internationale, orientée entreprises technologiques | France et six autres pays européens | France | France, grands comptes |
| Référentiels | GHG Protocol, ISO 14040/14044, réglementations CBAM et EUDR | California SB 253, CSRD, ISSB, UK SRS, CDP | Certifié conforme au protocole GHG | Méthode Bilan Carbone® (ABC), normes ISO pour l’ACV | Méthode Bilan Carbone®, programme ADEME ACT | Analyse de double matérialité CSRD |
| Accompagnement | Logiciel avec assistant IA (EcoPilot) | Logiciel avec intelligence artificielle intégrée | Logiciel en autonomie, interface augmentée par l’IA | Logiciel et formations certifiantes à la méthode Bilan Carbone® | Logiciel et programmes d’accompagnement sectoriels | Logiciel et conseil RSE intégré |
| Idéal pour | Groupe industriel multisite avec reporting international | Groupe exposé aux réglementations américaines et européennes | Entreprise technologique cherchant un outil certifié GHG Protocol | Entreprise française voulant monter en compétence sur la méthode Bilan Carbone® | PME ou ETI industrielle cherchant un accompagnement sectoriel | Grand compte voulant unifier pilotage HSE et carbone |
| Prix (oct. 2026) | Sur devis | Sur devis | Sur devis | Sur devis | Sur devis | Sur devis |
Les six logiciels de ce comparatif pratiquent une tarification sur devis en octobre 2026, établie selon la taille de l’entreprise et le périmètre d’émissions couvert. Les informations publiques sur le marché indiquent des budgets très variables, d’un ordre de grandeur de quelques milliers d’euros par an pour une première démarche à plusieurs dizaines de milliers d’euros par an pour un périmètre scope 3 complet sur un grand groupe.
Pourquoi le choix d’un logiciel de bilan carbone engage une entreprise industrielle
Une entreprise industrielle qui mesure ses émissions de gaz à effet de serre fait face à une difficulté que ne connaît pas un service tertiaire : le poids de ses procédés de production et de ses achats de matières premières dans le scope 3. Un atelier de transformation, une fonderie ou une ligne d’assemblage mobilisent des données d’activité physiques (tonnes de matière, kilowattheures, kilomètres de transport) qu’un tableur généraliste peine à structurer dans la durée, surtout sur plusieurs sites et plusieurs années.
Un logiciel de bilan carbone dédié répond à trois besoins propres à l’industrie : automatiser la collecte de données auprès des services (achats, production, logistique, maintenance), appliquer des facteurs d’émission à jour et adaptés aux procédés industriels, et produire un reporting exploitable pour le pilotage interne comme pour les obligations réglementaires. Le bilan d’émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) est obligatoire en France pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole et de plus de 250 salariés en outre-mer, avec une mise à jour tous les quatre ans.
Le choix d’un logiciel de bilan carbone rejoint une question plus large pour un service méthodes ou un bureau d’études : celle du cahier des charges d’un logiciel industriel, dont les critères de sélection (périmètre fonctionnel, intégration avec les outils existants, accompagnement) s’appliquent aussi à un outil de bilan carbone.
Les critères qui départagent les logiciels de bilan carbone
- Le périmètre couvert : certains outils se concentrent sur le bilan carbone organisationnel, d’autres y ajoutent l’analyse de cycle de vie produit, le reporting CSRD ou la gestion des données fournisseurs.
- La méthodologie de référence : méthode Bilan Carbone® de l’Association pour la Transition Bas Carbone, GHG Protocol international, ou cadres réglementaires comme la CSRD européenne et la loi californienne SB 253.
- Le niveau d’accompagnement : logiciel en autonomie assisté par l’intelligence artificielle, ou solution associée à un conseil méthodologique et à des formations.
- Le scope 3 industriel : la capacité à modéliser finement les achats de matières premières et les procédés, poste le plus significatif dans la plupart des bilans industriels.
- La compatibilité avec les facteurs d’émission français, notamment la Base Empreinte de l’ADEME, pour un reporting cohérent avec la méthode nationale.
Les plateformes carbone internationales : Greenly, Sweep et Plan A
Greenly a annoncé en 2026 son rapprochement avec l’éditeur Normative pour constituer l’une des plus importantes plateformes carbone du marché, avec plus de 4 000 clients dans plus de 30 pays et plus de 500 millions de tonnes de CO2 équivalent suivies sur sa plateforme. L’outil couvre le bilan carbone selon la méthode Bilan Carbone® et le GHG Protocol, l’analyse de cycle de vie produit conforme aux normes ISO 14040 et 14044, et le reporting réglementaire pour la CSRD, la taxonomie TCFD, les engagements SBTi, ainsi que les règlements européens CBAM sur les importations et EUDR sur la déforestation. Son assistant EcoPilot, fondé sur l’intelligence artificielle, vise à automatiser une partie de la collecte et de l’analyse. Greenly convient à un groupe industriel multisite qui doit produire un reporting cohérent sur plusieurs réglementations internationales depuis une seule plateforme.
Sweep se positionne comme une plateforme de données de durabilité pilotée par l’intelligence artificielle, distinguée en 2026 comme acteur de référence dans l’évaluation IDC MarketScape pour la gestion du carbone et dans le classement Verdantix Green Quadrant de la gestion carbone en entreprise. L’outil couvre la gestion du carbone, les émissions de la chaîne fournisseurs et le reporting multi-cadres, avec une prise en charge explicite de la loi californienne SB 253, de la CSRD européenne, des normes ISSB, du référentiel britannique UK SRS et du questionnaire CDP. Sweep convient à un groupe industriel exposé à la fois aux réglementations américaines et européennes, qui cherche à centraliser sa donnée de durabilité sur une seule plateforme auditable plutôt que de jongler entre plusieurs outils de conformité.
Plan A propose un logiciel de comptabilité carbone présenté par l’éditeur comme certifié conforme au protocole GHG, avec une interface augmentée par l’intelligence artificielle pour la mesure des émissions, le reporting et la définition d’objectifs de décarbonation alignés sur une trajectoire net zéro. L’éditeur met en avant des références clientes dans les secteurs technologiques et des services aux entreprises. Plan A convient à une entreprise industrielle à dimension technologique ou à une filiale française d’un groupe international qui recherche un outil certifié sur un référentiel reconnu, avec une prise en main pensée pour l’autonomie des équipes.
Les accompagnements carbone à la française : Sami, WeCount et Tennaxia
Sami propose une plateforme tout-en-un associant bilan carbone, stratégie climat, analyse de cycle de vie et stratégie d’éco-conception, avec un accompagnement dédié à la CSRD et au référentiel simplifié VSME pour les entreprises de taille intermédiaire. L’éditeur est partenaire de l’organisme de certification SGS et propose, au-delà du logiciel, un catalogue de formations certifiantes à la méthode Bilan Carbone®, de la découverte au niveau professionnel, ainsi qu’un programme dédié aux consultants carbone et RSE, Sami Pro. Sami est présent en France et dans six autres pays européens. Cette combinaison convient à une entreprise industrielle française qui souhaite monter en compétence en interne sur la méthode Bilan Carbone® tout en s’appuyant sur un logiciel.
WeCount accompagne les entreprises sur le bilan carbone, la stratégie climat, la conformité CSRD et VSME ainsi que les stratégies d’adaptation au changement climatique, avec une expertise sectorielle affichée pour l’agroalimentaire, le BTP, la cosmétique, le textile, la santé ou le tourisme. L’éditeur porte le programme ADEME « ACT Pas à Pas » d’accompagnement à la réalisation d’un bilan carbone, ainsi qu’un « Programme Promotion Climat » dédié. Sa plateforme se structure en un module carbone et un module ESG. WeCount convient à une PME ou une ETI industrielle qui recherche un accompagnement sectoriel assorti d’un programme public reconnu pour une première démarche de bilan carbone.
Tennaxia réunit dans une même suite logicielle le pilotage de la conformité HSE, le reporting ESG et carbone, l’analyse de double matérialité pour la CSRD et le suivi de la performance carbone des fournisseurs, combinés à un conseil RSE intégré. L’éditeur cite parmi ses références des groupes comme Sodexo ou l’école INSEAD. Sa plateforme intègre désormais l’offre de l’éditeur Traace, rapproché de Tennaxia. Tennaxia convient à un grand compte industriel qui souhaite unifier le pilotage de sa conformité réglementaire HSE avec son reporting carbone et ESG, plutôt que de maintenir deux outils distincts.
Quel logiciel de bilan carbone selon le profil de l’entreprise industrielle
Filiale française d’un groupe international ou PME multisite
Une entreprise qui doit consolider ses émissions sur plusieurs sites et répondre à des obligations réglementaires internationales (CSRD, CBAM, réglementations américaines) gagne à privilégier une plateforme couvrant nativement ces cadres, comme Greenly ou Sweep, plutôt que de combiner plusieurs outils spécialisés.
Entreprise industrielle française en première démarche de bilan carbone
Une entreprise qui réalise son premier bilan carbone et souhaite que ses équipes internes maîtrisent la méthode Bilan Carbone® bénéficie d’un accompagnement associant logiciel et formation, comme le proposent Sami ou WeCount, ce dernier via le programme ADEME ACT Pas à Pas.
Groupe industriel avec une fonction HSE déjà structurée
Un groupe qui dispose déjà d’un service HSE outillé et qui veut éviter la multiplication des plateformes a intérêt à examiner une suite qui combine HSE, carbone et ESG, comme Tennaxia, plutôt que de superposer un logiciel carbone à son dispositif existant.
Entreprise technologique ou filiale à forte composante numérique
Une entreprise industrielle à forte composante logicielle ou une filiale de groupe technologique peut privilégier un outil certifié sur un référentiel reconnu et pensé pour une prise en main autonome, à l’image de Plan A.
Comment choisir son logiciel de bilan carbone en pratique
- Définir le périmètre réglementaire applicable : taille de l’entreprise, obligation BEGES, exposition à la CSRD, au CBAM ou à des réglementations hors Union européenne.
- Évaluer le poids réel du scope 3 dans l’activité industrielle concernée, notamment les achats de matières premières et l’usage des produits vendus, pour vérifier la capacité de l’outil à le modéliser finement.
- Vérifier la compatibilité avec les facteurs d’émission français, en particulier la Base Empreinte de l’ADEME, pour un bilan cohérent avec la méthode nationale.
- Demander un devis pour le périmètre réel de l’entreprise : tous les éditeurs de ce comparatif facturent sur devis, selon le nombre de sites, d’utilisateurs et l’étendue du scope couvert.
- Arbitrer entre autonomie et accompagnement : un outil piloté par l’intelligence artificielle en autonomie n’apporte pas le même niveau de relecture méthodologique qu’un accompagnement humain ou qu’une formation certifiante.
Cette démarche de sélection recoupe celle d’autres logiciels métiers de l’entreprise industrielle, comme le choix d’une GMAO pour l’industrie ou la construction d’une chaîne logicielle de bureau d’études : périmètre fonctionnel réel, compatibilité avec les outils en place et devis adapté au nombre d’utilisateurs priment sur le prix affiché.
Les erreurs à éviter
- Choisir un logiciel avant d’avoir cadré le périmètre réglementaire applicable : l’exposition à la CSRD ou à des réglementations hors Union européenne change sensiblement les besoins.
- Sous-estimer le scope 3 industriel, alors qu’il représente souvent la part la plus importante des émissions d’un site de production.
- Négliger la qualité des facteurs d’émission utilisés, qui doivent correspondre au pays, à la technologie et à l’année considérés pour rester fiables.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un bilan carbone et une analyse de cycle de vie (ACV) ?
Le bilan carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre d’une organisation sur une année, réparties en scopes 1, 2 et 3. L’analyse de cycle de vie évalue les impacts environnementaux d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie, selon les normes ISO 14040 et 14044 (voir notre comparatif bilan carbone ou ACV). Les logiciels présentés dans ce comparatif couvrent en priorité le bilan carbone organisationnel ; certains, comme Greenly et Sami, proposent aussi un module d’ACV produit.
Un logiciel de bilan carbone est-il obligatoire pour une entreprise industrielle ?
Le bilan d’émissions de gaz à effet de serre réglementaire (BEGES) est obligatoire en France pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole et de plus de 250 salariés en outre-mer, avec une mise à jour tous les quatre ans. Un logiciel n’est pas imposé par la réglementation : une entreprise peut réaliser son bilan sur tableur, mais un outil dédié facilite la collecte de données sur plusieurs sites et années.
Combien coûte un logiciel de bilan carbone pour une entreprise industrielle ?
Les six éditeurs de ce comparatif pratiquent une tarification sur devis, établie selon la taille de l’entreprise, le nombre d’utilisateurs et le périmètre d’émissions couvert (scopes 1 et 2 seuls, ou scope 3 complet avec achats et usage des produits). Un logiciel qui intègre une analyse fine du scope 3 demande davantage de paramétrage, ce qui se reflète sur le devis.
Un logiciel de bilan carbone remplace-t-il un accompagnement humain ?
Pas totalement pour une première démarche. La méthode Bilan Carbone® demande des choix de périmètre et d’affectation des facteurs d’émission qui bénéficient d’une relecture experte. C’est pourquoi plusieurs éditeurs de ce comparatif, dont Sami, WeCount et Tennaxia, associent leur logiciel à un accompagnement ou à des formations, quand d’autres, comme Plan A, misent sur une prise en main autonome assistée par l’intelligence artificielle.
Quelles données faut-il réunir pour utiliser un logiciel de bilan carbone en industrie ?
L’entreprise doit collecter ses données d’activité par poste d’émission : consommations d’énergie, quantités de matières achetées, kilomètres parcourus par les transports, déchets produits. Pour le scope 3, les achats de matières premières et procédés industriels pèsent souvent le plus lourd dans un bilan industriel, d’où l’intérêt de facteurs d’émission à jour comme ceux de la Base Empreinte de l’ADEME.
