En bref :
- Sept logiciels de CAO dominent l’offre professionnelle en bureau d’études : SolidWorks, CATIA, Creo, Autodesk Inventor, Autodesk Fusion, Solid Edge et TopSolid.
- Les prix publics relevés en octobre 2026 vont de 708 € TTC par an (Fusion) à 7 080 € par an (CATIA Mechanical Essential), SolidWorks se situant entre 3 480 € et 5 496 € HT par an selon l’édition.
- Le critère qui départage le plus souvent n’est pas le prix mais le format natif des clients : un sous-traitant automobile ou aéronautique se voit souvent imposer CATIA ou Creo.
- Pour une PME de mécanique générale, SolidWorks, Inventor et Solid Edge sont les choix les plus courants. TopSolid se distingue quand CAO, FAO et gestion de production doivent tenir dans un seul environnement.
Tableau comparatif des logiciels de CAO pour bureau d’études
| Critère | SolidWorks | CATIA | Creo | Inventor | Fusion | Solid Edge | TopSolid |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Éditeur | Dassault Systèmes | Dassault Systèmes | PTC | Autodesk | Autodesk | Siemens | TOPSOLID SAS (France) |
| Cible principale | PME, mécanique générale | Grands comptes, automobile, aéronautique | Industrie, produits complexes | PME, conception de machines | TPE, start-up, prototypage | PME, mécanique et tôlerie | Usinage, tôlerie, bois, outillage |
| Mode | Poste et cloud | Poste et cloud | Poste | Poste | Cloud | Poste et cloud | Poste |
| Prix public (oct. 2026) | 3 480 à 5 496 € HT/an | Dès 7 080 €/an | Sur devis | 2 694 € TTC/an | 708 € TTC/an | Sur devis | Sur devis |
| FAO intégrée | Module complémentaire | Oui (gammes avancées) | Oui (modules) | Via Inventor CAM | Oui, incluse | Oui (modules) | Oui, native |
| Point fort | Écosystème et vivier de compétences | Surfaces complexes, très grands assemblages | Paramétrique robuste | Proximité AutoCAD et DWG | Tout-en-un dans le cloud | Modélisation synchrone | Chaîne CAO, FAO, ERP intégrée |
| Verdict | Choix standard en PME | Standard des donneurs d’ordre | Industrie à forte complexité produit | Bon rapport prix et fonctions | Petit budget, petite équipe | Alternative crédible à SolidWorks | Atelier intégré de bout en bout |
Les prix sont ceux affichés sur les sites officiels des éditeurs en octobre 2026 pour un utilisateur. SolidWorks est affiché hors taxes, Autodesk affiche ses prix TVA estimée incluse. Creo, Solid Edge et TopSolid ne publient pas de tarif sur leurs pages françaises : leur prix dépend du devis et des modules retenus.
Pourquoi le choix d’un logiciel de CAO engage un bureau d’études pour dix ans
Un logiciel de CAO produit la donnée de référence de l’entreprise : modèles 3D, mises en plan, nomenclatures. Tout le reste de la chaîne logicielle d’un bureau d’études s’appuie sur ces fichiers, du PDM à la FAO en passant par la simulation.
Changer de CAO coûte cher. Les formats d’échange neutres transfèrent la géométrie mais pas l’historique de construction, ce qui oblige à reconstruire les modèles qui doivent rester modifiables. Il faut aussi refaire les gabarits, les bibliothèques de composants et former toute l’équipe.
Le coût d’une licence reste modeste à côté de ces coûts cachés. Sur cinq ans, un poste SolidWorks Standard représente 17 400 € HT d’abonnement, un montant du même ordre que quelques semaines de reprise de données pour une équipe de cinq concepteurs.
Les cinq critères qui départagent les logiciels de CAO
- Le métier : mécanique générale, tôlerie, moules et outillages, grands assemblages ou surfaces de style n’appellent pas les mêmes fonctions.
- Le format des clients et fournisseurs : travailler dans le format natif du donneur d’ordre évite des conversions à chaque échange.
- Le vivier de compétences : un logiciel répandu dans les écoles et les offres d’emploi réduit le temps de formation des recrues.
- Le coût sur cinq ans : licences, maintenance, modules, formation et stations de travail certifiées.
- L’intégration : PDM, simulation et FAO disponibles chez le même éditeur, ou compatibles.
Ces critères gagnent à être formalisés avant de consulter les éditeurs, selon la même logique qu’un cahier des charges de logiciel industriel : besoins classés, scénarios de test, grille de notation.
Les logiciels de CAO pour la mécanique générale en PME
Trois logiciels se partagent l’essentiel des bureaux d’études de PME en mécanique : SolidWorks, Autodesk Inventor et Solid Edge. Tous trois sont des modeleurs volumiques paramétriques sous Windows, avec mise en plan, tôlerie, soudure et gestion des grands assemblages.
SolidWorks pour les PME
SolidWorks est édité par Dassault Systèmes depuis le rachat de la société créatrice en 1997, deux ans après la sortie de la première version. Il est décliné en trois éditions : Standard, Professional et Premium.
- Standard : 3 480 € HT par an, soit 290 € par mois facturés annuellement.
- Professional : 4 152 € HT par an, avec notamment la bibliothèque de composants et des outils de rendu.
- Premium : 5 496 € HT par an, avec simulation et routage de câbles et de tuyauterie.
Son principal atout est son écosystème : réseau de revendeurs, compléments tiers, formations et grand nombre de concepteurs déjà formés.
Autodesk Inventor, le choix des utilisateurs d’AutoCAD
Autodesk Inventor est affiché à 2 694 € TTC par an pour un utilisateur sur le site d’Autodesk. Il n’est vendu qu’en abonnement, comme la plupart des logiciels de l’éditeur depuis l’arrêt des licences perpétuelles autonomes en 2016.
Il convient bien aux bureaux d’études qui ont un historique de plans 2D sous AutoCAD, grâce à sa lecture native des fichiers DWG. Il est aussi proposé au sein d’une collection Autodesk qui regroupe AutoCAD, Inventor et d’autres outils de fabrication.
Solid Edge, l’alternative de Siemens
Solid Edge est édité par Siemens, désormais sous la marque Designcenter Solid Edge. Sa particularité est la modélisation synchrone, introduite en 2008, qui permet de modifier directement une géométrie sans repasser par l’arbre de construction. C’est utile sur des modèles importés en STEP depuis un autre logiciel.
Siemens ne publie pas de prix sur sa page tarifs française, mais propose un essai gratuit de 30 jours et un premier mois à 1 dollar pour les nouveaux clients. Solid Edge se raccorde naturellement au PLM Teamcenter du même éditeur, un argument pour les entreprises qui anticipent un projet PLM.
Les logiciels de CAO des grands comptes : CATIA et Creo
Dans l’automobile, l’aéronautique et la défense, le choix du logiciel de CAO est souvent dicté par le donneur d’ordre. Un sous-traitant de rang 1 ou 2 doit livrer des modèles natifs exploitables sans conversion.
CATIA, le standard de l’aéronautique
CATIA a été développé à l’origine chez l’avionneur Dassault et reste très utilisé dans l’aéronautique. Le Boeing 777, dont le premier vol date de 1994, a été conçu entièrement en maquette numérique sous CATIA, une première pour un avion de ligne.
Le guide d’achat de Dassault Systèmes affiche CATIA Mechanical Essential à 7 080 € par an. Les gammes avancées de CATIA, dédiées aux surfaces de classe A, aux composites et au câblage, sont proposées sur devis selon les modules retenus. CATIA se justifie quand le client l’impose ou quand la complexité du produit le demande. CATIA répond aux besoins des projets de grande complexité, notamment dans l’automobile et l’aéronautique.
Creo, l’héritier de Pro/ENGINEER
Creo est édité par PTC, qui avait lancé en 1987 Pro/ENGINEER, le premier modeleur paramétrique à succès commercial. Le logiciel a pris le nom de Creo en 2011. Il est vendu en abonnement, sur devis ou par revendeur.
Creo est présent dans l’industrie lourde, les équipements industriels et l’électronique grand public. Il se raccorde au PLM Windchill du même éditeur. PTC possède aussi Onshape, une CAO entièrement dans le cloud rachetée en 2019.
Fusion et TopSolid : deux approches intégrées
Autodesk Fusion, la CAO tout-en-un dans le cloud
Autodesk Fusion est affiché à 708 € TTC par an ou 90 € par mois. Il réunit dans un même outil la CAO, la FAO, la simulation et la conception de circuits imprimés, avec stockage et collaboration dans le cloud. Il fonctionne sous Windows et macOS.
C’est le logiciel de CAO le moins cher de ce comparatif et le plus simple à déployer. Il convient aux start-up, aux petites équipes de prototypage et aux ateliers qui veulent programmer leurs machines depuis le modèle. Son hébergement cloud facilite la collaboration entre plusieurs sites.
TopSolid, la chaîne CAO, FAO, ERP française
TopSolid est édité par la société française TOPSOLID SAS, qui revendique plus de 10 000 entreprises clientes. Sa particularité est d’intégrer dans un même environnement la CAO, la FAO, la gestion des données techniques et l’ERP.
Il est surtout présent dans l’usinage, la tôlerie, l’agencement bois et l’outillage, là où la programmation des machines pèse autant que la conception. Les tarifs sont communiqués sur devis. Pour un atelier qui conçoit et fabrique, cette intégration évite les ruptures entre bureau d’études et production.
Quel logiciel de CAO selon le profil du bureau d’études
| Profil | Logiciels à étudier en priorité | Point de vigilance |
|---|---|---|
| PME de mécanique générale, 2 à 15 concepteurs | SolidWorks, Inventor, Solid Edge | Vérifier le format natif des 3 principaux clients |
| Sous-traitant automobile ou aéronautique | CATIA, Creo | Le donneur d’ordre impose souvent la version exacte |
| Start-up ou équipe de prototypage | Fusion, Onshape | Organisation du travail collaboratif dans le cloud |
| Atelier qui conçoit et fabrique | TopSolid, Fusion | Compatibilité avec le parc de machines |
| Bureau d’études avec historique AutoCAD | Inventor | Choix entre licence seule et collection Autodesk |
| Entreprise qui prépare un projet PLM | Solid Edge, Creo, CATIA | Choisir la CAO en cohérence avec le PLM visé |
Le cas des petites équipes
Pour une équipe de un à trois concepteurs sans contrainte client, l’écart de prix compte davantage. Sur trois ans, un poste Fusion représente 2 124 € TTC, contre 8 082 € TTC pour Inventor et 10 440 € HT pour SolidWorks Standard. Fusion offre un rapport qualité-prix avantageux pour les petites équipes, qui y trouvent CAO, FAO et simulation dans un seul outil.
Le cas des sous-traitants de rang 1 et 2
Pour un sous-traitant, le logiciel de CAO fait partie de la relation commerciale. Livrer dans le format natif du client évite les pertes d’information et les réclamations sur la qualité des données. L’investissement dans une licence CATIA ou Creo se met en regard du chiffre d’affaires réalisé avec le donneur d’ordre, qui garantit des échanges natifs sans conversion.
Comment choisir son logiciel de CAO en pratique
La méthode la plus fiable consiste à tester deux ou trois logiciels sur une pièce et un assemblage réels du bureau d’études. Autodesk et Siemens proposent des versions d’essai gratuites en ligne, les autres éditeurs organisent des démonstrations ou des prêts de licence via leurs revendeurs.
- Lister les formats natifs exigés par les clients et fournisseurs principaux.
- Sélectionner deux ou trois logiciels qui couvrent le métier.
- Modéliser la même pièce et le même assemblage dans chacun.
- Chiffrer le coût sur cinq ans : licences, modules, formation, matériel.
- Vérifier la disponibilité d’un revendeur et d’un support en français.
L’échange de données entre logiciels différents repose sur un standard international, dont le périmètre est rappelé par l’organisme qui le publie :
La norme ISO 10303, dite STEP, définit la représentation et l’échange informatisés des données de produits industriels, indépendamment du logiciel qui les a produites. Source : Organisation internationale de normalisation (ISO), première publication de la série en 1994.
Les erreurs à éviter
- Choisir sur le seul prix de la licence. La formation, la reprise des données et le matériel pèsent souvent davantage sur cinq ans.
- Ignorer le format des clients. Une conversion systématique en STEP fait perdre l’historique et multiplie les erreurs.
- Sous-estimer la formation. Un nouveau logiciel demande plusieurs semaines avant de retrouver la productivité antérieure, un point à intégrer au plan de formation d’une équipe technique.
- Multiplier les logiciels. Chaque CAO supplémentaire ajoute des licences, des compétences et des conversions à maintenir.
Questions fréquentes
Quel logiciel de CAO choisir pour un bureau d'études ?
Le choix dépend du métier et de la taille du bureau d’études. SolidWorks (Dassault Systèmes, à partir de 3 480 € HT par an), Autodesk Inventor (2 694 € TTC par an) et Solid Edge (Siemens) couvrent la mécanique générale des PME. CATIA (Dassault Systèmes, à partir de 7 080 € par an) et Creo (PTC) visent les grands assemblages et les surfaces complexes de l’automobile et de l’aéronautique. Fusion (Autodesk, 708 € TTC par an) convient aux petites structures qui veulent CAO et FAO dans le cloud, et TopSolid intègre CAO, FAO et ERP pour la tôlerie, le bois et l’usinage.
Quel est le logiciel de CAO le plus utilisé en PME ?
Aucun chiffre public ne mesure les parts de marché par taille d’entreprise en France. Les logiciels les plus présents dans les offres d’emploi et les formations en mécanique générale sont SolidWorks, Inventor et Solid Edge, ce qui facilite le recrutement de profils déjà formés. Le critère décisif reste le format natif utilisé par les principaux clients et fournisseurs du bureau d’études.
Combien coûte une licence de logiciel de CAO professionnel ?
En octobre 2026, les prix publics vont de 708 € TTC par an pour Fusion à 5 496 € HT par an pour SolidWorks Premium. Inventor est affiché à 2 694 € TTC par an et CATIA Mechanical Essential à 7 080 € par an. Creo, Solid Edge et TopSolid ne publient pas de prix sur leurs pages françaises : ils passent par un devis ou un revendeur. À ces montants s’ajoutent la formation, le matériel certifié et les modules complémentaires.
Faut-il choisir une CAO dans le cloud ou installée sur poste ?
Une CAO dans le cloud comme Fusion supprime la gestion des installations et facilite le travail entre plusieurs sites. Une CAO installée sur poste, comme SolidWorks, Creo ou Solid Edge dans leurs versions classiques, garde les données sur l’infrastructure de l’entreprise, ce qui reste exigé par certains donneurs d’ordre de la défense ou de l’aéronautique. Plusieurs éditeurs proposent désormais les deux modes.
Peut-on changer de logiciel de CAO sans perdre ses modèles ?
La géométrie se transfère par le format STEP (ISO 10303), mais l’arbre de construction et les paramètres sont généralement perdus. Les modèles importés deviennent des volumes figés. Une migration se prépare donc en triant les modèles à garder modifiables, à reconstruire, ou à archiver tels quels.
